L'entorse de la cheville est la blessure la plus fréquente chez les sportifs. Dans la grande majorité des cas, elle survient quand le pied se tord vers l'intérieur et étire (voire déchire) les ligaments situés sur la face externe de la cheville. Bénigne le plus souvent, elle se soigne bien lorsqu'elle est prise en charge correctement. Le vrai enjeu n'est pas tant l'entorse elle-même que le risque de récidive : une cheville déjà tordue est plus vulnérable, surtout au moment de la reprise. Cette page vous explique comment reconnaître une entorse, comment réagir, et comment protéger votre cheville pour rejouer en confiance.
⚠️ Cette page est informative et ne remplace pas un avis médical. En cas de douleur intense, d'impossibilité de poser le pied ou de déformation, consultez un professionnel de santé.
Qu'est-ce qu'une entorse de la cheville ?
Une entorse correspond à un étirement ou une déchirure des ligaments, ces bandes de tissu qui relient les os et stabilisent l'articulation. À la cheville, le mouvement en cause est presque toujours une inversion : le pied bascule vers l'intérieur, par exemple lors d'une réception de saut, d'un appui sur le pied d'un adversaire ou d'un faux pas sur terrain irrégulier. Ce sont alors les ligaments externes qui encaissent, le ligament talo-fibulaire antérieur (LTFA) étant le plus souvent touché.
On distingue classiquement trois degrés de gravité :
- Stade I — entorse bénigne : simple étirement du ligament. Douleur modérée, peu ou pas de gonflement, la marche reste possible.
- Stade II — entorse modérée : déchirure partielle. Douleur plus vive, gonflement net, parfois un bleu (ecchymose), appui difficile.
- Stade III — entorse grave : rupture complète d'un ou plusieurs ligaments. Douleur forte, gonflement important, sensation d'instabilité, appui souvent impossible.
Plus rare, l'entorse haute de la cheville (syndesmose) touche les ligaments situés au-dessus de l'articulation et demande une prise en charge spécifique.
🔗Pour aller plus loin : Qu'est-ce qu'une entorse haute de la cheville ?
Comment reconnaître une entorse (et quand consulter) ?
Les signes les plus courants sont une douleur au moment du traumatisme, un gonflement (œdème) qui apparaît dans les minutes ou heures suivantes, parfois une ecchymose, et une gêne à l'appui.
Certains signaux doivent vous amener à consulter rapidement, idéalement pour écarter une fracture par une radiographie :
- impossibilité de poser le pied et de faire quelques pas juste après la blessure ;
- douleur osseuse marquée à la palpation de la malléole ;
- gonflement très important ou déformation visible ;
- douleur qui ne s'améliore pas après quelques jours.
En l'absence de ces signaux, une entorse bénigne peut être gérée à domicile les premiers jours — à condition d'adopter les bons réflexes.
Que faire en cas d'entorse : les bons réflexes
Dans les 48 à 72 premières heures, l'objectif est de limiter le gonflement et de protéger l'articulation. Les recommandations actuelles tiennent en quelques principes simples :
- Protéger et mettre au repos relatif : évitez les mouvements douloureux, sans pour autant immobiliser complètement la cheville plus longtemps que nécessaire.
- Glacer : appliquez du froid 15 à 20 minutes plusieurs fois par jour, sans contact direct avec la peau.
- Comprimer : un maintien adapté aide à contenir l'œdème.
- Surélever : gardez le pied surélevé pour favoriser le drainage.
Passé la phase aiguë, la tendance n'est plus à l'immobilisation prolongée mais à une remise en charge progressive et à la rééducation, notamment proprioceptive (rééduquer l'équilibre et les réflexes de la cheville). C'est cette étape qui conditionne une reprise solide et limite le risque de rechute.
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